Art Dubaï 2013 marque le pas

Malgré les efforts de la septième foire de Dubaï en organisant cette année encore colloques, interventions pluridisciplinaires et exposition sur la plage, celle-ci surprend moins que l’édition précédente. La principale cause est à chercher du côté de la représentation exponentielle en Europe des artistes du Moyen-Orient.

Est-ce d’avoir vu cette année Hrair Sarkissian (qui est l’un des cinq lauréats du Abraaj Group Art Prize 2013) à la Friche de mai de Marseille, Mohamed Nazr au Centquatre et au musée Granet d’Aix-en-Provence, les frères Haerizadeh chez Nathalie Obadia, Youssef Nabil à la Maison européenne de la photographie ou Hadjithomas et Joreige à la galerie In situ à Paris (jusqu’au 18 avril) que l’effet de découverte ressenti l’an dernier à la foire de Dubaï semble s’émousser ? En effet, cette scène moyen-orientale a conquis rapidement les galeries et musées français au point de nous sembler familière dans ses grandes lignes.

L’autre raison de notre déception est à chercher du côté de l’excellent niveau de la Biennale de Sharjah qui se déroule à trente kilomètres de là et qui présente nombre d’artistes exposés à la foire : Ahmed Matter chez Athr Gallery de Jeddah et Krinzinger de Vienne, Taus Makhacheva à la Laura Bulian Gallery de Milan, Shilpa Gupta chez Yvon Lambert ou Khaled Jarrar chez Ayyam Gallery de Beyrouth. Ces artistes sont visibles dans les deux lieux mais souvent, grâce aux formidables moyens de la Biennale de Sharjah, ils sont mieux représentés là-bas.

La troisième raison de ce désappointement provient également du mauvais niveau de certaines galeries locales et de la trop faible plate forme consacrée aux artistes de l’Afrique de l’Ouest hormis Adama Kouyaté et Romuald Hazoumé déjà très connus.

Le seul vrai plaisir est de retrouver quelques figures historiques de cette scène du Moyen-Orient : le conceptuel Hassan Sharif sur trois stands différents (Almine Rech, Isabelle van den Eynde, Alexander Gray) et Saloua Raouda Choucair, la grande dame de l’art abstrait arabe, avec ses petites sculptures en bois ou en bronze sur le stand de la CRG Gallery de New York (18 000-28 000 $). À Art Dubaï, on constate une fois encore combien l’art et le marché de l’art sont d’incroyables « dévoreurs de nouveauté ».

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