BUREN Daniel

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Plasticien- Peintre

Né en 1938

Biographie

Daniel Buren est un artiste conceptuel français né le 25 Mars 1938 en région parisienne où il vit toujours.

Il étudie la peinture et le décoration généraliste à l’Ecole des métiers d’art. Suite à cette expérience, Buren comprend que l’art traditionnel n’est pas fait pour lui et ne l’intéresse pas. Ainsi, dès le début des années 1960, Buren se concentre sur une peinture toujours plus radicale.  Son art joue à la fois sur une économie des moyens mis en oeuvre et sur les rapports entre le support et la peinture, c’est à dire le fond et la forme.

Le style de Buren se reconnait en un coup d’oeil. En effet, les rayures sont très vite devenues une signature à part dans son oeuvre. Ce goût prononcé pour ce motif s’explique par l’emploi dans se premières oeuvres de tissu industriel à larges bandes verticales. En 1965, il peint des tableaux qui mêlent formes arrondies et bandes de tailles et de couleurs diverses. Peignant déjà sur des tissus rayées, il se tourne vers une toile de store à bandes verticales alternées, blanches et colorées, d’une largeur de 8,7 cm. Ce support le fascine car il lui permet d’aborder l’art d’une manière impersonnelle. Peu à peu, Buren veut réduire son intervention picturale pour arriver à ce qu’il appelle le « degré 0 » de la peinture. C’est danscette optique qu’il produit en 1967 plusieurs peintures sur tissu rayé. Le principe est de recouvrir de peinture blanche les deux bandes extérieures colorées.

Il est invité, le 3 Janvier de la même année, à participer à l’exposition « 18eme Salon de la Jeune peinture ». Il convie 3 de ses amis Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni. Ensemble, ils forment le groupe B.M.P.T. proche des positions de l’Internationale situationniste (qui ont largement inspiré la révolte de mai 68).Lors de cette journée, les artistes produisent leurs œuvres in-situ (des toiles de 2,50 m sur 2,50 m) : une toile rayée verticalement pour Buren, une toile blanche et marquée en son centre d’un cercle noir pour Mosset, la toile de Parmentier est traversée de larges bandes horizontales, et enfin celle de Toroni est marquée à intervalles réguliers de l’empreinte d’un pinceau n°50. Une fois les œuvres exposées et l’exposition ouverte, les artistes décrochent aussitôt leurs œuvres et affichent la banderole : « BUREN MOSSET PARMENTIER TORONI N’EXPOSENT PAS ». Suite à ce coup d’éclat,  le groupe exposera à d’autres reprises (Manifestation 2, 3 et 4) en tentant de garder la même ligne directrice de « programme minimum d’action »

L’ Automne 1967 marque la séparation du groupe, due en majeure partie, à des divergeances de principes et de visions notamment sur le statut de l’artiste.

Détaché du groupe, Daniel Buren mène une réflexion sur la peinture, sur ses modes de présentation et, plus largement, sur le mur, l’espace et le problème de l’exposition.

Ses œuvres interrogent ainsi deux notions qui sont pour lui liées.

Tout d’abord, la notion de lieu est centrale. En effet, le lieu qui accueille les oeuvres et pour lequel elles sont conçues prend une place considérable dans le travail de Buren. Il réfléchit autour de la rue, dès 1967, puis de la galerie, du musée, du paysage ou de l’architecture. Ce travail lui permet d’inventer le terme « travail in situ », qui caractérise depuis une grande partie de ses interventions.

L’idée que le spectateur doit pouvoir découvrir ou redécouvrir un lieu au travers de ses installations est également une notion importante dans la mesure où elle peut s’apparenter à un but dans l’axe créatif de l’artiste.

Après avoir critiqué les institutions en 1968, Buren installe ses créations minimalistes dans des lieux publics selon une vision subversive de l’art. Incisif, critique, engagé, le travail de Buren, continuellement développé et diversifié, suscite toujours commentaires, admiration et polémique. Effectivement, ses oeuvres monumentales place des Terreaux à Lyon et dans la cour du Palais-Royal de Paris ont été plus que controversées dès leur mise en chantier, en 1985… Cependant, il réintégre peu à peu  le système de l’art. Dans tous les cas, il travaille « In situ », adapte son travail au lieu, et détruit ses œuvres une fois l’installation terminée. Au travers de ce travail éphémère, les bandes alternées, qu’il nommera « outil visuel », lui permettent notamment de révéler les particularités signifiantes du lieu, les déployant au sein de dispositifs spécifiques et parfois complexes, entre peinture, sculpture et architecture.

Ses interventions in situ jouent sur les points de vue, les espaces, les couleurs, la lumière, le mouvement, l’environnement, la découpe ou la projection, assumant leur pouvoir décoratif ou transformant radicalement les lieux, mais surtout interrogeant les passants et spectateurs. Aucune oeuvre de Buren n’est réalisée de façon gratuite, sans fond  « Je n’expose pas des bandes rayées, mais des bandes rayées dans un certain contexte »

 C’est notamment le cas pour l’intervention des « Hommes Sandwichs » dans Paris, où des hommes portent des pancartes recouvertes de papier rayé. Mais aussi pour l’ « Affichage sauvage » de papier à rayures blanches et vertes dans les rues de Paris.

Bien que son travail soit subversif, Buren n’arrête pas de séduire. Il est reconnu et exposé dans le monde entier. En 1986, il obtient le Lion d’or à la Biennale de Venise. En 2012, dans le cadre du projet Monumenta, il a également  créé une œuvre spécialement conçue pour la nef du Grand Palais. Un retour de l’enfant terrible dans les rangs de l’institutionnalisation de l’art?

Où trouver ses oeuvres?

Yvon Lambert- Paris

Kamel Mennour-Paris

Commentaires et questions