DUBUFFET Jean


Peintre -Sculpteur-Plasticiendubuffet-portrait-artransfer

1901-1985

Biographie

Jean Dubuffet nait au Havre le 31 Juillet 1901. C’est un peintre, sculpteur et plasticien. Il est le premier théoricien d’un style d’art majeur auquel il donne le nom d’art brut. Il s’agit des productions de marginaux ou de malades mentaux dont son oeuvre s’inspire largement.

Jean Dubuffet est le fils de Charles-Alexandre Dubuffet et de Jeanne-Léonie Paillette, tous deux négociants en vins. L’artiste appartient à la bonne bourgeoisie havraise. Il suit toutes ses études secondaires au lycée du Havre avec entre autres Armand Salacrou, Georges Limbour et Raymond Queneau. Dubuffet n’est pas un élève passionné par les études. Il leur préfère le dessin et les arts plastiques. C’est pourquoi il s’inscrit dès la seconde aux Beaux-Arts du Havre ou Braque et Dufy ont également fait leurs classes.

Il obtient son baccalauréat et s’inscrit à l’Académie Julian à Paris. Très vite, il se rend compte qu’il préfère apprendre et expérimenter seul, il quitte donc l’académie et établit son atelier sans une dépendance de l’affaire familiale. Il rencontre alors de nombreux artistes comme Fernand Léger, André Masson, et Juan Gris. Malgré cela, il préfère la solitude et choisit de vivre en reclus, d’étudier les langues. Il s’intéresse également à la littérature, à la musique. Il touche à tout .« Je cherchais l’Entrée. Or ça n’allait pas ; j’avais l’impression que je n’étais pas adapté à ma condition humaine (…) j’avais à l’arrière plan comme une angoisse que tout cela ne pesait pas lourd ».

Dubuffet continue à chercher sa voie, il voyage en Italie, en Suisse. Il cherche une inspiration nouvelle, un regard neuf sur l’art. En effet, il en est convaincu. L’art occidental se meurt sous le poids des convenances et des références plus ou moins académiques. Il décide alors se tourner vers le commerce et de travailler avec ses parents. Il s’installe à Bercy où il ouvre un commerce de vins en gros. C’est en 1931, après un voyage en Hollande que le goût de la création artistique lui revient. Il loue ainsi un atelier où il se retire régulièrement. En 1934, Dubuffet met son magasin en gérance pour se consacrer à ses expérimentations artistiques.

Dubuffet est un autodidacte. Cela explique son attrait pour l’art « non culturel », l’art des fous, sa révolte contre l’art des musées, un art sans doute trop cloisonné pour cet artiste à la créativité dévorante. « Naïve est l’idée que quelques pauvres faits et quelques pauvres œuvres des temps passés qui se sont trouvés conservés sont forcément le meilleur et le plus important de ces époques. Leur conservation résulte seulement de ce qu’un petit cénacle les a choisis et applaudis en éliminant tous les autres. » dit-il à propos des musées.

Découragé par une expérience avortée dans la création de marionnettes, Dubuffet reprend son activité commerciale en 1937. En 1939, il est mobilisé au ministère de l’air à Paris. Mais il est bientôt envoyé à Rochefort pour indiscipline. Dès 1942, il décide à nouveau de se consacrer exclusivement à la peinture.

Il réalise plusieurs tableaux dont le premier véritablement important est Les Gardes du corps considéré comme le point de départ de son oeuvre.En effet, la peinture de l’artiste s’éloigne du souci de ressemblance de ses tableaux précédents.C’est son ami Georges Limbour qui le sort de sa clandestinité et le présente à Jean Paulhan.  Par son intermédiaire, il participe à l’exposition « Le Nu dans l’art contemporain » à la galerie Drouin. Le 20 Octobre 1945 a lieu sa première exposition personnelle dans un Paris libéré à la Galerie Drouin.Il n’est encore qu’un peintre inconnu mais provoque un véritable scandale.

Elle comprend 55 huiles et 24 lithographies datées d’octobre 1944. Les oeuvres sont chamarrées, à l’univers délirant. La majorité du public hurle à l’imposture et à la provocation.

Les expositions « Mirobolus, Macadame et Cie »et « Hautes Pâtes », reçoivent le même accueil controversé. Dubuffet répond aux détracteurs « Il est vrai que la manière du dessin est, dans ces peintures exposées, tout à fait exempte d’aucun savoir-faire convenu comme on est habitué à le trouver aux tableaux faits par des peintres professionnels, et telle qu’il n’est nullement besoin d’aucunes études spéciales, ni d’aucuns dons congénitaux pour en exécuter de semblables (…) Il est vrai que les tracés n’ont pas été exécutés avec soin et minutie mais donnent au contraire l’impression d’une négligence (…) Enfin il est vrai que beaucoup de personnes éprouveront d’abord, au vu de ces tableaux, un sentiment d’effroi et d’aversion. » L’artiste a pourtant de solides connaissances en art mais il préfère camper sur ses positions. Il présente des œuvres qui jouent avec la gaucherie, le gribouillage, la matière brute à  l’origine de l’art. Ces œuvres rappellent le dessin d’enfant et aussi les œuvres des malades mentaux dont Dubuffet est un grand collectionneur .

Dubuffet ne cherche pas à plaire, encore moins à vendre car il est hors de toute préoccupations financières grâce à la fortune familiale. Dubuffet recherche et expérimente, seuls quelques rares initiés apprécient son oeuvre. . Francis Ponge, Paulhan, Limbour, et bientôt d’autres comme André Breton soutiendront sa démarche.

Il est aussi l’auteur de vigoureuses critiques de la culture dominante, notamment dans son essai Asphyxiante Culture qui crée une polémique dans le monde de l’art. À l’occasion de la première exposition de sa collection d’art brut qu’il organise en 1949, il rédige un traité L’Art brut préféré aux arts culturels. Il y définit l’Art Brut en ces termes  » Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que les auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) e leur propre fonds et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe  ».

Officiellement propulsé sur le devant de la scène artistique par une rétrospective de quatre cents peintures, gouaches, dessins, sculptures qui a lieu au Musée des arts décoratifs de Paris du 16 décembre 1960 au 25 février 1961, l’artiste français le plus contesté et le plus admiré de l’après-guerre crée l’événement  et inspire de nombreux artistes, adeptes de « l’art autre », variante de l’art brut, parmi lesquels Antoni Tàpies ainsi que des adeptes de la contestation artistique comme le groupe espagnol Equipo Crónica.

Son œuvre ,composée de peintures, d’assemblages souvent qualifiés à tort de collages, de sculptures et de monuments dont les plus spectaculaires font partie d’un ensemble, L’Hourloupe (1962-1974) ainsi que des architectures : la Closerie Falbala et la Villa Falbala . Il a fait l’objet de rétrospectives au Palais Grassi de Venise, au Musée Solomon R. Guggenheim.

Il a également fait nombreuses donations de son vivant. Entre autres, un ensemble de vingt et un tableaux, sept sculptures et cent trente deux dessins au Musée des arts décoratifs de Paris provenant de sa collection personnelle.Sa collection personnelle, la Collection de l’art brut commencée en 1945 qui regroupe des artistes découverts dans les prisons, les asiles, des marginaux de toutes sortes, est quant à elle aujourd’hui à Lausanne en Suisse,  au château de Beaulieu .

Où trouver ses oeuvres?

Galerie Melki- Marbella

Galerie Michael Haas- Berlin

Galerie Tornabuoni Art- Paris

Opera Gallery

 

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