Conférence Collectionneurs et Street Art

Vendredi 25 octobre 2013, 11h00 

Hôtel des ventes Drouot, Paris

Conférence animée par Maître Marielle DIGARD (commissaire priseur), avec la participation d’Alain Dominique Gallizia (architecte et collectionneur), Nicolas Laugero Lasserre (responsable de l’espace Cardin), Maître Emmanuel Moyne (avocat et collectionneur), Thierry Vatron (collectionneur) et Jacques Foulon (collectionneur).

Conférence Collectionneurs et Street Art


Le but de cette conférence était de s’interroger la manière dont une personne devient collectionneur, sur la manière dont elle se constitue sa collection, sur le choix des œuvres, bref sur comment dépenser son argent. Jacques Foulon débute cette conférence en posant ce principe : être collectionneur c’est un virus ! Au fur et à mesure de l’évolution de la collection, l’œil change, on achète des petites choses que l’on revend, c’est une boulimie, une maladie.

Il a commencé par acheter des bronzes du 19ème siècle à l’âge de 20 ans, puis il s’est tourné vers la peinture alors qu’il n’y connaissait rien. Il avoue ne s’intéresser au Street Art que depuis quatre – cinq ans, grâce à la détermination de la galerie Itinérance (à l’origine de l’événement à la Tour 13 à Paris).

Tous les collectionneurs sont unanimes, ils achètent au coup de cœur car ils vivent avec leur collection sur les murs. Lorsqu’ils vendent une œuvre c’est pour en acheter une autre. Les ventes se font soit entre collectionneurs directement, soit via les maisons de vente aux enchères. Les collectionneurs présents dans la salle affirment n’avoir jamais fait crédit pour acheter une œuvre d’art, ils ont nécessairement l’argent pour un tel achat. Ils n’ont pas de budget annuel dédié au placement artistique. S’ils affirment ne pas réaliser de placement financier artistique, la notion d’argent est tout de même très présente dans leur discours. En effet, avant tout achat ils se renseignent sur internet sur la côte de l’artiste, et sont déçus lorsqu’ils perdent de l’argent en cas de revente.

Maître Moyne explique qu’il a toujours acheté des œuvres qu’il aimait au fil des années. Il a commencé à collectionner lorsqu’il était étudiant, en se promenant dans les rues de Paris et en prenant des photos, mais également en achetant des sérigraphies pour 1000 francs (soit 150 €). Sa première peinture de Street art fut une de celles de l’artiste Epsylon Point, achetée à la galerie Sanguine. Maître Moyne insiste sur le fait que pour apprécier des œuvres, des artistes, il faut voir le monde, aller à la rencontre des créateurs.

Pour Alain Dominique Gallizia, la vente rend accessible cet art au plus grand nombre, ne serait-ce que par la publicité qu’elle engendre, mais également elle rend accessible cet art à l’achat. Il a rencontré des street artistes qui lui ont confié réaliser leurs œuvres sur des toiles afin de garder une trace de leur existence, et de sécuriser dans le temps leur travail, puisque le collectionneur en prendra soin et procèdera aux mesures de restauration qui pourraient s’avérer nécessaires.

Thierry Vatron tient à souligner la générosité de ces artistes de la rue qui travaillent à 99% de leur temps gratuitement. Par la même occasion, il affirme également que rencontrer un artiste c’est prendre un risque, car si le courant ne passe pas, il va profiter du marché pour revendre les œuvres de cet artiste.

En effet à Paris on compte 70 galeries sur les 600 qui existent, et environ 10 ventes aux enchères sont dédiées.

 

 

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