De nouveaux records pour l’art contemporain : Bacon devient l’artiste le plus cher au monde

Les records des prix de l’art contemporain ne cessent de se succéder. Le 12 novembre 2013 est en cela devenu une date historique. Lors de la vente de la maison Christie’s qui s’est tenue ce jour là, un triptyque exceptionnel de Francis Bacon, Three studies of Lucian Freud (Trois études de Lucian Freud) a été adjugé 142 millions de dollars, soit la modique somme de 106 millions d’euros. Un record absolu pour une seule adjudication, dont la popularité est en croissance permanente depuis quinze ans. Cette enchère record qui semble dépasser toute réalité remplace celle du Cri d’Edward Munch, adjugé plus de 90 millions d’euros en mai 2012.

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Qui pourrait attester l’exacte justesse de ce prix ? Mais qui pourrait le contester ? Il s’agit en effet d’une oeuvre remarquable, peinte en 1969 par Francis Bacon, représentant Lucian Freud, artiste vendu le plus cher de son vivant à son époque, assis sur une chaise sous trois angles différents. Ce triptyque composé de trois grands panneaux dans les tons de jaune représente à la fois l’étude d’un ami mais aussi la rivalité qui a constitué la substance de leur relation toute leur vie durant.

Bien qu’exposé en 1971 lors de la rétrospective consacrée à Francis Bacon de son vivant (Bacon est décédé en 1993), ce tableau faisait sa première sortie sur le marché de l’art. Un prix à la hauteur de cette vente exceptionnelle donc.

La vente simultanée des trois panneaux est d’autant plus historique que le triptyque avait été dispersé par des collectionneurs romains, parisiens et japonais, qui en détenaient chacun un, et cela pendant quinze années durant. L’ensemble avait finalement été rassemblé par Francesco de Simone Niquesa (le collectionneur romain), pour vendre les toiles à l’un de ses pairs américain, dont l’identité reste inconnue à ce jour. C’est ce dernier qui aurait apporté l’ensemble à Christie’s pour cette vente. Le dernier détenteur de cette oeuvre hors du commun – signée Francis Bacon – est officiellement entre les mains de Bill Acquavella – directeur d’une galerie new yorkaise – mais l’homme n’aurait joué que les intermédiaires pour un acheteur inconnu. 

Lors de cette même vente du 12 novembre 2013, et quelques minutes après seulement, le Balloons Dog orange de Jeff Koons a lui aussi battu un record mondial : 58,5 millions de dollars, soit 43 millions d’euros. Ceci fait donc de Koons l’artiste vendu, le plus cher de son vivant, remplaçant ainsi Lucian Freud, qui n’a maintenant plus que la « maigre consolation » de figurer sur l’oeuvre la plus chère du monde.


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La vente de Christie’s totalise donc plus de 691 millions de dollars, soit près de 514 millions d’euros, un record historique pour une seule vente aux enchères.

Comment expliquer cette récente inflation démesurée des prix du marché de l’art contemporain ? Tout naturellement, ce sont les collectionneurs qui font le prix aux enchères. Or, les enchérisseurs sont – depuis une quinzaine d’années – plus passionnés que jamais, et plus fortunés qu’ils ne l’étaient il y a encore une vingtaine d’années. Des milliardaires venus d’Asie, de Russie, des Pays du Golfe et d’Amérique latine s’intéressent sérieusement à l’art contemporain, au point d’enchérir sans fin, jusqu’à obtention de l’oeuvre. Ainsi, un jeune coréen collectionneur depuis seulement quatre ans, Hong Gyu Shin, aurait enchéri avec conviction face à Bill Acquavella pour acquérir le triptyque de Francis Bacon. Mais en vain. Des collectionneurs fortement déterminés et très aisés : voilà la bonne recette du succès de l’art contemporain aux enchères.

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