La Chine recule sur le marché de l’art

Yue Minjun, The Sun (2000)

La Chine a connu un sérieux revers en 2012. L’année dernière, les collectionneurs chinois étaient très présents à Maastricht. Ils avaient montré un vif intérêt pour l’art. En 2013, la tendance s’est inversée. Ils se font en effet très rares pour l’édition 2013. En mars dernier, leur pouvoir d’achat avait subi un frein très net.

Les États-Unis reprennent le dessus, après avoir été détrônés par la Chine les années précédentes. Le marché chinois avait atteint 30 % des ventes mondiales dans le secteur des beaux-arts en quelques années. Après trois années de croissance spectaculaire qui aura fait passer ce pays émergent devant le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France, la Chine décline.

Les ventes en Chine ont baissé en valeur atteignant 24 % du marché, soit 10,6 milliards d’euros de produit des ventes, tous canaux confondus (enchères, galeries et en direct par les artistes) selon le rapport de Clare McAndrews.

Toutes les maisons sur le marché chinois accusent un net repli, passant d’un montant global de 9,8 milliards d’euros en 2010 à 6,9 milliards en 2012 : China Guardian chute de 54 %, Poly international de 50 % même si elle conserve sa position de leader. En 2011, Sotheby’s et Christie’s ont commencé à afficher un repli, respectivement de 60 % et 39 %. Après une montée fulgurante de 140 % de 2008 à 2011, le pic de la croissance, le nombre de transactions a baissé depuis un an. Les ventes aux enchères, élément moteur de l’envolée du marché de l’art en Chine, ont chuté de 30 % en 2012. Ce déclin a profité aux États-Unis où les ventes ont progressé de 5 %.

 Clare McAndrews explique dans son rapport que «Les raisons du fléchissement chinois se trouvent à la fois dans des facteurs liés à la demande et dans une baisse du nombre d’œuvres de qualité fortement cotées mises sur le marché. Nombre de fonds d’investissement dans l’art ont également réduit leur présence sur ce marché au cours de l’année.» La fragilité de l’économie mondiale se répercute sur tout le marché de l’art. Celui-ci a reculé de 7 % en 2012 dans le monde, passant d’un montant global de 46,3 à 43 milliards d’euros.

Les amateurs d’art prônent la minimisation des risques en privilégiant à nouveau les valeurs sûres. Cela profite à l’art d’après-guerre et l’art contemporain qui, comme l’affirme le rapport, «constitue le plus fort segment du marché avec une part de 43 % en valeur». En effet, les ventes de l’automne à New York ont enregistré des montants spectaculaires, avec un total proche de 4,5 milliards d’euros. Le prix des œuvres de Richter, Basquiat et Warhol a atteint des sommets en février à Londres.

Les enchères monopolisent la majorité du marché de l’art, les records donnant confiance aux vendeurs. Les ventes des galeries ou des antiquaires sont en recul de 4 %, pour un total estimé à 22,2 milliards d’euros. Mais, comme toujours en temps de récession, seul le marché haut de gamme se porte vraiment bien. Le nombre des transactions sur le marché de l’art mondial a reculé d’un peu moins de 4 % en 2012 et correspond à 35,5 millions. Ceci représente une chute de près de 30 % par rapport au boom d’avant la crise de 2007. Malgré l’excitation habituelle des collectionneurs à la veille de la Tefaf, la foire s’ouvre donc dans un climat de prudence.

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