Le crowdfunding sur le marché de l’art

Le crowdfunding (littéralement, « financement par la foule ») enregistre une croissance exponentielle depuis que les premiers sites dédiés ont vu le jour, en 2007. Selon une étude publiée en mai 2012 par Crowdsourcing.org, près de 1,5 milliard de dollars (1,12 milliard d’euros) ont été levés en 2011 sur les quelque 450 plates-formes en service à travers le monde, dont plus de 837 millions en Amérique du Nord. Le total des fonds amassés a crû de 72 % en 2011, et, selon les prévisions de Crowdsourcing.org, la hausse avoisinerait les 91 % en 2012. Quant aux Français, près de 37 % d’entre eux, d’après le cahier 2013 de l’institut d’études CSA, se disent « prêts » à investir sur un site de ce genre.

Si le financement participatif irrigue aujourd’hui des secteurs aussi divers que la santé, l’environnement, le journalisme, la science ou l’humanitaire, la culture continue de jouer, en la matière, un rôle de premier plan – comme l’illustrait, en mai 2012, la cagnotte récoltée par la rockeuse américaine Amanda Palmer : 1,2 million de dollars en trente jours à peine, record à battre.

Les schémas classiques d’investissement et de financement du monde économique sont ébranlés par les bouleversements financiers de la crise financière de 2007. Le marché de l’art est concerné, les acteurs et les stratégies du marché de l’art sont redéfinis. L’art devient une valeur refuge et le posséder s’avère non seulement stratégique mais surtout possible. De la philosophie du partage – Mécénat Citoyen – aux Art Stock Exchange, l’accès à la propriété dans l’art se transforme

Le mécénat citoyen est devenu la solution des institutions pour pallier le manque d’argent du à la crise. Le gouvernement italien a fait appel au crowfounding afin de financer l’exposition Vice Versa conçue par Bartolomeo Pietromarchi à la biennale de Venise 2013. Tous Mécènes du Louvre sont aussi passé par ce moyen de financement. Dans ce système participatif, chacun peut, par sa petite contribution, aider à la réalisation d’un projet d’intérêt public ou à la restauration d’une oeuvre mais sans pour autant la posséder. Le musée privé Musée des Lettres et des Manuscrits propose d’acquérir en copropriété des manuscrits ou lettres de valeur. Les oeuvres restent stockées au Musée et chaque acquéreur reçoit alors un « acte de propriété »

Les Art Stock Exchange développés en Chine induisent en Europe des formules proche comme Slipart au Luxembourg. En France, A&F Markets inaugure en 2010 une « place de marché centralisée et liquide » pour des oeuvres d’art contemporaines et Art Exchange agit en lançant l’achat de parts indivises à faible coût (10 euros) de l’ensemble d’une oeuvre sélectionnée pour sa valeur spéculative. Ainsi, posséder pour soi meme n’est plus le but ultime du secteur financier. L’acquisition d’une oeuvre n’a de logique que spéculative et l’accessibilité aux oeuvres « achetées » n’est plus nécessaire pour les fonds d’investissements spécialisés dans l’art en plein essor. Ces actionnaires de l’art participent via leur investissement à sa vie et à sa cote.

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