Les enchères 2012 à la loupe

Le Conseil des ventes volontaires (CVV) a remis le 26 juin son rapport annuel concernant les enchères de 2012. Quelques chiffres ont créé la surprise.

La première concerne l’une des nouvelles pratiques autorisées par la loi de 2011, à savoir les ventes de gré à gré. Seulement 10% des opérateurs de ventes volontaires français (les OVV qui ont remplacé les SVV) ont réalisé des ventes de gré à gré en 2012, pour un montant représentant 14% du total des adjudications. Pour l’instant, hormis Sotheby’s et Christie’s, qui ont toujours eu cette culture des ventes privées, la plupart des OVV disent que « les vendeurs ne sont pas intéressés ».

Deuxième surprise, si le montant total des adjudications en France a progressé pour atteindre 2,4 milliards d’euros (prix au marteau), ce n’est pas gràce à l’art (-1,8% par rapport à 2011) mais aux voitures d’occasion (+6,5%), qui enregistrent un niveau record. D’ailleurs, dans le classement des opérateurs français, deux sociétés spécialisées dans les voitures ont détrôné Sotheby’s et Christie’s.

Troisième surprise, bien que la Chine reste sur la première marche du podium avec 8,9 milliards d’euros adjugés en 2012, elle accuse une forte baisse de 22%. Il y aurait plusieurs explications à cela : le ralentissement de l’économie chinoise, le « ménage » qu’aurait fait les autorités chinoises parmi les maisons de vente, et la probable suppression d’une partie des achats restés impayés, qui étaient comptabilisés les années précédentes.

Dernière surprise : l’attitude générale du Conseil des Ventes vis-à-vis des opérateurs de vente français. S’il y a quelques années, l’institution fleurait le corporatisme en donnant l’impression de « couvrir » ses membres, son actuelle présidente, Catherine Chadelat, ne ménage pas les commissaires-priseurs. Selon elle, nombre d’entre eux auraient de sérieux progrès à faire dans leurs relations avec les clients et manquent de stratégie de développement. Et l’équipe actuelle n’a pas hésité à suspendre quinze jours la maison de ventes du président du conseil d’administration de Drouot Patrimoine, dont l’associé aurait accepté un paiement en liquide dépassant largement les seuils autorisés. La rigueur est de mise.

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