Mayfair, le cœur de Londres

L’afflux de galeries d’art contemporain dans le quartier chic de Mayfair renforce la place de la capitale britannique sur l’échiquier international.

 Si Londres est le centre financier du monde, son marché de l’art serait-il aussi la locomotive de l’Europe ? C’est l’avis que semblent partager de nombreuses galeries d’origine américaine ou allemande implantées récemment à Mayfair. Délimité par Hyde Park, Bond Street, Regent Street et Piccadilly, ce quartier considéré comme le centre de Londres est aujourd’hui le plus chic de la ville. Les maisons de ventes Christie’s ou Sotheby’s, mais aussi les couturiers, y ont élu domicile depuis longtemps, et il demeure facile d’accès pour les collectionneurs, qui résident en majorité à l’ouest de la ville. Ayyam Gallery est la dernière à s’être installée à Mayfair. Pour Khaled Samawi, son directeur, après Damas, Dubaï, Beyrouth et Djeddah, Londres permet de défendre les artistes à l’international dans ce « centre du monde de l’art ». Il a rejoint un pôle de galeries ayant ouvert à la rentrée 2012, en parallèle de la Frieze Art Fair. À commencer par la Pace, qui avait débuté l’année précédente par un lieu dans Soho, mais a pris toute son ampleur dans ce second espace de neuf mille mètres carrés, situé dans l’immeuble de la Royal Academy of Arts. La directrice de la galerie, Mollie Dent-Brocklehurst, se réjouit que cet emplacement stratégique séduise les collectionneurs venus au départ pour les expositions du musée. La programmation est centrée sur d’importants artistes américains ou asiatiques peu montrés en Europe.Londres se démarque en outre des capitales voisines car les clients les plus importants des galeries y ont souvent élu domicile. Un autre galeriste d’origine new-yorkaise, David Zwirner, a choisi un immeuble historique qui fut la résidence d’anciens premiers ministres. Après rénovation, les dix mille mètres carrés se répartissent sur trois niveaux. Selon la directrice de l’antenne londonienne, Angela Choon, se démultiplier ici permet de se rapprocher des collectionneurs et des institutionnels installés en Europe, mais aussi au Moyen-Orient ou en Asie.

Chez Blain Southern, créée par deux anciens directeurs d’Haunch of Venison et déjà établie à Berlin, on apprécie que les maisons de ventes voisines attirent de nouveaux collectionneurs. Pour cette galerie, comme pour Skarstedt, le centre de Londres est bien le lieu pour vendre les « grosses pointures » du marché et même, comme le résume Michael Werner, présent depuis septembre dernier, « le meilleur endroit au monde pour tout ! ». Rappelons que ces marchands ont rejoint leurs pairs, tels Gagosian ou Sprüth Magers. Pour découvrir une scène plus émergente, il est toujours possible de visiter les galeries de Fitzrovia, au nord-ouest, comme Nettie Horn ou Carroll Fletcher.

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