Paroles de Street-artistes

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Seth

Dans le cadre de la vente Street-Art de la maison Drouot, à Paris, une dizaine d’artistes se sont relayés devant le mythique hôtel. Chacun d’entre eux a créé une oeuvre in-situ destinée à une vente en Mai prochain

Rencontre avec Julien Malland, alias Seth , artiste graffeur depuis plus de 15 ans.

Lorsqu’on lui demande d’expliquer son travail , l’idée qui a animé ses bombes, il répond simplement  « Et bien, c’est une fille qui a la tête dans la capuche d’un type… »  Pour lui, c’est à chacun de s’approprier son travail. Autour de nous, chacun y va de sa proposition. Les personnages s’embrassent, la fille entre dans l’esprit de l’homme encapuché… Peut-être est-ce même la représentation d’une image foetale? Seth rit. On sent que c’est ce qui lui plait dans le street-art, la rencontre, le partage. Mais également l’adrénaline. Même si aujourd’hui, nombreux sont ceux qui autorisent Seth à graffer sur leur murs (immeuble 13, facades dans le XIII ème arrondissement…) , l’artiste est toujours très attaché au monde de la rue, à l’éphémère. Il lui arrive donc encore à l’âge de 41 ans de défier la loi par amour de l’art.

Seth parcourt aujourd’hui le globe avec l’émission les Nouveaux explorateurs (Tous les dimanches sur Canal+). Il part à la rencontre de peintres du monde entier et partagent avec eux des moments de création et de plaisir. Tous ces souvenirs sont réunis dans un carnet de voyage, combinant photos, dessins et illustrations et retracent l’itinéraire de ce peintre baroudeur.

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Katre

Quelques mètres plus loin, nous faisons la connaissance de Katre qu’on nous présente comme une star montante du street-art.

Lui aussi est très avenant et répond à nos question avec une simplicité qui fait plaisir à voir. Katre est passionné de lieux abandonnés, de friches industrielles, d’endroits chargés de symboles et d’histoires. L’artiste est sans cesse en quête d’une nouvelle découverte, il poursuit ces lieux sans jamais être rassasié. Le graffeur développe une technique singulière,. Il prend en photo le lieu puis sur la photo, travaille les textures et les couleurs avec des bombes.

Il s’appelle Katre comme le chiffre sauf qu’il l’écrit avec un « K ». Ce « K » se faufile d’ailleurs dans ses oeuvres. Il se désintègre comme pour mieux troubler le spectateur qui ne le devine qu’à moitié. La présence de cette lettre a pourtant un sens. A elle toute seule, elle permet de mêler les deux aspects inhérents au travail de Katre, le tag et la peinture d’atelier. Cependant, cette incursion du « writting »  dans son oeuvre plus institutionnelle ne suffit pas à l’artiste. Il nous confie qu’il a besoin de la pratique illégale pour nourrir son art, comme une piqûre de rappel pour se souvenir d’où il vient.

Vous pouvez découvrir le travail de Katre à l’immeuble 13 dont il a réalisé une pièce et pendant la vente du Vendredi 25 Octobre à l’Hotel Drouot.

 

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Miss Tic

Après quelques minutes d’attente, Miss Tic arrive. Clope au bec, Cuir usé rouge, sourire en coin, la vedette du street-art est toujours la même malgré le succès de son oeuvre. Elle se met au travail sans un mot et réalise un pochoir sur un grand format. Condamnée à 25 000 F d’amende par la justice en 1999 pour le fameux « Egérie, et j’ai pleuré », l’artiste demande toujours l’autorisation avant de peindre. Nombreuses sont les institutions à lui passer commande depuis ce procès. Par exemple, la mairie du Xxème ou le Conseil Général.

Selon elle, cette décision était la solution évidente pour s’exprimer librement, sans risque et sans contrainte. L’important est que ça ne change rien pour le public. Elle estime que le fait de demander des autorisations lui apporte juste plus de confort. Une nouvelle manière de travailler qui ne change en rien sa personnalité. Miss Tic est juste sortie de l’Underground où elle a fait ses classes.

Le mouvement de l’art urbain est aujourd’hui reconnu. Les street-artists sont ainsi devenus des artistes à part entière même si leur goût pour la rue et le borderline sont dans l’essence de leur art.

 

 

 

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