Gaillard

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GAILLARD Christian

Torero Blue

Oeuvre à découvrir

Année de création 2003

Dans ses tableaux, jamais une ombre de taureau, jamais une arène esquissée, jamais une ébauche de passe de cape ou de muleta… Et le parti pris têtu a porté ses fruits. Les toreros de Gaillard ont la douloureuse majesté de la corrida elle-même, cette antique et rituelle célébration où la mort est convoquée chaque après-midi aux abords de cinq heures. Qu’il fouille de son pinceau les entrelacs des broderies de la chaquetilla (veste ), qu’il ordonne ses couleurs et ses ors sur la cape d’apparat, qu’il saisisse l’exact moment où l’espada ajuste sa montera, le peintre immobilise toujours l’attitude recueillie du belluaire. Au plus secret de sa peur, dans la pénombre silencieuse d’avant la pleine lumière, d’avant le vacarme de la rue et les cris de l’arène, seuls vivent ces reflets de vieil or et ces soies capiteuses. L’instant est suspendu, et l’espace est figé dans l’attente. Très souvent représentés de dos, visages dans l’ombre, parfois cachés par une main qui exprime à la fois force et recueillement, les matadors de Christian Gaillard semblent faire face à leur destin, et, dans une profonde solitude attendent le «  paseo ».

Ses personnages, fiers et cambrés, s’y préparent ou sont dans l’arrêt et la posture. Dans l’évaluation impossible de ce que sera le prochain instant, une estimation immobile, qui n’est pas que bravache, de ce qui peut advenir. Ces toréadors peuvent nous cacher leur visage, la concentration, la tension, sont parfaitement palpables et deviennent ici offerts. Ce qui précède le combat, ce qui lui succède, voilà ce que donne à voir le peintre dont la manière n’est pas sans rappeler les grands maîtres espagnols Vélasquez et Zurbaran. Christian Gaillard n’ira pas plus loin dans la représentation qu’il veut pourtant très précise, tant il est vrai que la mort (qui est, on l’aura compris le vrai sujet de la peinture de Christian Gaillard) comme le soleil ne se regarde pas en face. Voyez ces « toreros, qui, là, sur la toile, tournent le dos à la lumière, à nos regards, comme si finalement dans ces moments intenses, il ne s’agissait pas d’aller vers la lumière mais d’être capable d’affronter l’obscurité de soi-même et l’inconnu de l’autre, ou les deux à la fois… » Il porte une vraie réflexion sur le grand risque qu’il y aura toujours à accepter de vivre.

Caractéristiques de l'oeuvre

Courant artistique Hyperréalisme Thèmes traités Portraits et personnes
Pays France Artiste GAILLARD Christian
Statut Oeuvre à découvrir